Si le dérèglement du climat annoncé nous transformait tous d’ici la fin du siècle en potentiels réfugiés?

LE GLACIER DES RÉFUGIÉS / THE REFUGEE GLACIER

Par Laurence Piaget-Dubuis, Glacier du Rhône, Valais, Suisse.

AUJOURD’HUI TOURISTE, DEMAIN RÉFUGIÉ CLIMATIQUE ?
Du tourisme d’agrémentation à des fins de loisirs, à la migration forcée due au réchauffement climatique, les moteurs du déplacement de personnes s’opposent radicalement.

Pour les uns, on aménage un ensemble de consommation de biens et de services liés à leurs déplacements de confort, et, pour les autres, on érige des frontières et on ouvre des camps provisoires pour réguler la précarité.

Pourtant, au-delà des frontières qui existent entre le statut de touriste et celui de réfugié, un vecteur commun se profile : l’environnement, refuge et demeure de l’humanité.

Le glacier du Rhône, haut lieu du tourisme valaisan, apporte une troublante vision où les deux aspects  – touristes innombrables en pèlerinage à la source d’une eau vive (250 000 personnes par an franchissent le col de la Furka) et réfugiés à la dérive sur les flots des mers du globe – semblent se télescoper visuellement dans un tableau qui mélange dans un paysage, une atmosphère qui oscille entre opacité et transparence, entre beauté et laideur…

Pour protéger les glaces éternelles de la fonte, le glacier est habillé d’étranges bâches cousues entre elles, qui lui donne un air de camp de réfugiés et où l’on érige des barrières pour privatiser son accès payant.

Si le dérèglement du climat annoncé nous transformait tous d’ici la fin du siècle en potentiels réfugiés ?  
La surface terrestre nous suffira-t-elle pour demeure ? Où irons-nous ? Au nord, à l’est, au sud ou à l’ouest ?

L’HOMME, RÉFUGIÉ SUR TERRE
La fragilité du glacier accentuée, par son linceul, devient métaphore de l’éphémère statut de locataire de l’homme sur sa terre refuge, seule demeure habitable.

Il nous interpelle sur la dégradation du climat en cours, sur notre lien avec notre environnement et ce qui nous rattache aux autres. Effet papillon et interconnectivité, tout ne forme qu’un.

AGIR MAINTENANT
Ce  qui  se  passera  dans  la  seconde  moitié  du  XXIe  siècle dépendra de ce que nous faisons aujourd’hui.

L’importance  et  la  nature  des  changements  climatiques dépendront des émissions que nous produisons aujourd’hui.

Agir maintenant pour réduire les migrations climatiques forcées de demain.

«LE CLIMAT CHANGE, ET VOUS ?»

If the degradation of the climate currently announced transformed everyone up until the end of the century into potential refugees!

TODAY TOURIST, TOMORROW CLIMATE REFUGEE?
From tourism for recreational purposes to forced migration due to global warming, the methods of migration of people are radically opposed.

For some, a set of consumer goods and services linked to their comfort of movement is developed, and for others, borders are erected and provisional camps are opened to manage precariousness.

However, beyond the borders that exist between the status of tourist and refugee, a common vector emerges: the environment, refuge and the living space of mankind.

The Rhone glacier, one of the highlights of Valais tourism in Switzerland, gives a troubling vision where the two aspects – innumerable tourists on pilgrimage to the source of living water (250 000 people a year cross the Furka Pass) and refugees adrift on the waves across the seas of the globe – seem to telescope visually in a picture that mixes a landscape, that conjures up an atmosphere that oscillates between opacity and transparency, and beauty and ugliness…

To protect the eternal ice from melting, the glacier is dressed in strange tarpaulins sewn together, which give it an air of refugee camp and where barriers are erected to privatise its paid access.

If the degradation of the climate currently announced transformed everyone up until the end of the century into potential refugees!
Would the surface of the earth be large enough for us all to live on? Where should we go? North, East, South or West?

MANKIND, REFUGEE ON EARTH
The fragility of the glacier accentuated by its shroud becomes a metaphor for the ephemeral status of the tenancy of man on earth, his only habitat.

It challenges us on the degradation of the climate in progress, on our connection with our environment and what links us to others. A Butterfly effect (knock on effect) and interconnectivity, everything is one.

DO SOMETHING NOW!
What will happen in the second half of the twenty-first century will depend on what we are doing today.

The extent and nature of climate change will depend on the emissions we produce today.

Act today to reduce tomorrow’s forced climate migrations.

«THE CLIMATE IS CHANGING, AND YOU ?»

RESSOURCES À TÉLÉCHARGER
> Feuillet explicatif de l’exposition en anglais: The Refugee Glacier, PDF (EN)
> Feuillet explicatif de l’exposition en français: Le glacier des réfugiés, PDF (F)