«Le glacier d’Aletsch, à mes 10 ans (1975), …une image gravée qui ne s’effacera jamais de mon souvenir: le glacier arrivait beaucoup plus bas, c’était magnifique… Le choc en 2011, quand je suis revenue au même endroit. Le glacier a disparu».

Natacha

DISPARU / MISSING

Par Laurence Piaget-Dubuis, installation photographique, 200×140 cm, (2019).

Expo collective du 4.10.2019 – 8.3.2020 > «Glaciers ultimes», Espace Graffenried, Aigle, Suisse. Installation photographique, «DISPARU / MISSING». Sur invitation de la commissaire Maéva Besse. Avec Emile Gissler, George Steinmann, Jacques Pugin, Laurence Piaget-Dubuis, Matthieur Gafsou, Thomas Fletchner.

Engagée, l’installation MISSING / DISPARU de Laurence Piaget-Dubuis interroge l’avenir des glaciers. Avec sa vision 3D, elle évoque le chaud (rouge) et le froid (bleu) ainsi que la ligne d’équilibre glaciaire,entre les zones d’ablation et d’accumulation. Quant au lit en lui-même, il symbolise autant un terme utilisé dans le jargon glaciaire que la mort approchante du glacier
 

MAÉVA BESSE
Chargée d’expositions

Photographies travaillées en relief à l’aide des couleurs rouge et bleu – vert décalées d’une distance qui correspond à l’espace entre nos deux yeux.
Le rouge, symbole du chaud, et le bleu, symbole du froid, ouvrent dans cette œuvre une métaphore sur le déplacement de la ligne d’équilibre glaciaire. La ligne d’équilibre sépare la zone d’accumulation de la zone d’ablation et correspond à l’isotherme du 0°C. Plus la ligne d’équilibre monte en altitude, plus le glacier fond.
Un lit permet de s’allonger. Souvent associé au repos et aux rêves, il est aussi parfois celui où l’on s’installe lorsqu’on est malade. La position horizontale du corps est également celle du défunt. Le lit de repos devient ici le lit de mort.
Le terme est également utilisé dans le jargon glaciaire pour décrire la roche sous la glace: on y parle du lit du glacier. Un mort, agonisant non par refroidissement, mais par réchauffement.
Quelques objets disposés sur la table de chevet signent la tragédie: verre d’eau vide, sablier, cadre photographique souvenir…

Une installation qui nourrit la réflexion

Laurence Piaget-Dubuis se revendique «éco-artiste». La Valaisanne qui travaille dans le secret de son atelier à la Ferme-Asile de Sion a conçu une installation sur mesure pour l’Espace Graffenried. Un lit évoquant aussi bien celui du glacier que le tombeau dont le drap-housse n’est autre qu’une photographie du glacier d’Aletsch laissant apparaître un trou béant. Lunettes 3D sur le nez, le visiteur découvre alors un univers où le bleu, symbole du froid, cède le pas au rouge faisant écho à la chaleur qui rend la glace exsangue. La déliquescence saute aux yeux, fait mal, interpelle, comme ce verre retourné qui renvoie à une source d’eau tarie ou ce sablier qui égrène le (peu) de temps à vivre des glaciers.

 

LE NOUVELLISTE

«Exposition à Aigle: le poignant chant du cygne des glaciers», 29.10.2019.

EN SAVOIR PLUS
L’exposition Glaciers ultimes présente différents regards portés sur les glaciers entre hier et aujourd’hui à travers les représentations romantiques d’un peintre aiglon né au 19e siècle et les travaux récents, engagés voire critiques, de photographes et artistes suisses contemporains. Les glaciers sublimes d’autrefois deviendront-ils les ultimes glaciers de notre planète?
— Flyer de l’exposition. Ici.
— Article de journal 24h. Ici.
— Article du journal le Nouvelliste. Ici.
— Citation dans l’émission TV La puce à l’oreille. Ici.

Installation également exposée lors de la rétrospective:
8.9 – 29.12.2019
«CAUSES PERDUES / LOST CAUSES», rétrospective, Chapelle des Jésuites, (espace d’art contemporain), Chaumont, France
— Informations sur l’exposition. Ici.
— Interview de l’artiste dans le journal culturel. Ici.
— Feuille de salle. Ici.



Crédit photo: Richard Pelletier

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