Fine dentelle aux fuseaux délicats, plumage transparent d’un rapace figé dans les glaces, figures géométriques complexes entremêlées, gravures du 17e siècle de la main d’un fin orfèvre tel que Rembrandt

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TOILE

Fragile comme une toile d’araignée tissée en quelques heures, la pellicule d’eau gelée est suspendue en fine membrane sur le lac glaciaire en contrebas de la langue du majestueux glacier condamné par le réchauffement.

Fine dentelle aux fuseaux délicats, plumage transparent d’un rapace figé dans les glaces, figures géométriques complexes entremêlées, gravures du 17e siècle de la main d’un fin orfèvre tel que Rembrandt.

Œuvre glaciaire et éphémère constituée de droites perpendiculaires et parallèles organisées avec une logique toute universelle de cristallisation des liquides. Le froid soleil d’octobre en révèle le génie sans en provoquer, par fonte, la disparition durant son exposition. Offrant un tableau secret, éphémère et grandiose aux yeux aiguisés et polis par l’horizon de roches calcaires du plateau de lapiaz.

La lumière changeante de l’astre solaire frôle et accroche les fines ciselures, les reliefs et les incisions façonnées par le froid et les font scintiller comme les points de constellations visibles par nuit étoilée et reliés par les lignes imaginaires de la voûte céleste.

Laurence Piaget-Dubuis, (2018)